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Smaïn, l'amant de mes 19 ans / 39

Publié par : pierre49590 le 23/08/2026
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En début d’après-midi, alors que les préparatifs de départ s’achèvent, Karim m’attire à lui dans une étreinte virile et amicale, me surprenant par cette marque d’affection inattendue. Son bras musclé se referme autour de mes épaules, et il me donne une tape dans le dos, un sourire franc aux lèvres, avant de me relâcher avec un clin d’œil.
"Bon retour à l’armée, mon ami !"
Puis vient le tour de la mère. Elle me serre très fort dans ses bras, plus longtemps que d’habitude, et je sens toute sa chaleur à travers cette étreinte. À mon oreille, elle chuchote, la voix empreinte d’émotion :
"Merci de rendre mon Smaïn si heureux. Il y a longtemps que je ne l’avais pas vu comme ça… Même son père est surpris."
Je reste un instant immobile, touché par ses mots, avant de lui rendre son étreinte avec la même intensité. Ce moment simple, mais chargé de sens, reste gravé en moi alors que nous nous séparons.

Sur le retour, nous bénéficions, pour la deuxième correspondance, d’un train presque vide. Nous en profitons pour nous installer dans un compartiment désert, tirons les rideaux et nous blottissons l’un contre l’autre, côté baie vitrée.
Je me tourne vers Smaïn, son épaule contre la mienne, et lui demande, un sourire aux lèvres :
"Alors, mon amour, tu es content de notre week-end ?"
Il reste un instant silencieux, les yeux fixés sur le paysage qui défile, comme s’il cherchait les mots justes. Puis il se serre davantage contre moi, sa voix teintée d’une introspection rare, presque tendue :
"Content ? Oui… mais c’est plus que ça. C’était… intense. Différent." Il marque une pause, les sourcils légèrement froncés. "Avant, je n’avais même plus vu mon frère à poil depuis qu’on était tout petits, même si on partage notre lit par nécessité. Tu te rends compte ? Et là…" Sa voix se fait plus basse, presque un murmure. "Là, on a vraiment franchi une ligne. Et c’est ça qui me tracasse. Parce que je me demande… Est-ce que j’aurais pu aller plus loin avec lui ? Est-ce que j’en avais envie ?" Ses doigts se resserrent sur les miens. "Et surtout… Est-ce que j’en avais le droit ? Pas juste le droit moral, non. Le droit à nous. Le droit de la famille, des Maghrébins… Et aussi le droit de ne pas briser ce qu’on a, toi et moi, pour explorer quelque chose qui… qui pourrait tout changer. Ou tout casser."
Ses yeux me cherchent, comme s’il y cherchait une réponse, une confirmation, ou peut-être juste le reflet de ses propres interrogations. "Parce que si c’était à refaire… je ne sais pas si je pourrais m’arrêter."
Il répète : "Parce que si c’était à refaire… je ne sais pas si je pourrais m’arrêter."
Sa voix tremble légèrement, et je sens son corps se tendre contre le mien, comme s’il cherchait à la fois du réconfort et une réponse.
"Est-ce que c’est ça, le plus troublant ?" continue-t-il, les yeux toujours fixés sur les miens. "Le fait que ça ne me dérange pas. Que ça ne me dérange pas du tout, en fait. Et que ça, ça me fait peur. Parce que si c’est si naturel, si… évident, alors est-ce que ça veut dire que j’ai toujours su, quelque part, au fond de moi-même, que ça pourrait arriver ?" Il secoue la tête, comme pour chasser cette pensée. "Et toi, Pierre… Est-ce que tu as eu l’impression qu’on jouait avec quelque chose de plus grand que nous ? Ou est-ce que c’était juste… juste un moment, un instant volé, sans conséquences ?"
Il se tait, mais ses doigts restent agrippés aux miens, comme s’il craignait que la réponse, quelle qu’elle soit, ne fasse tout basculer. "Parce que si on ne peut pas s’arrêter… alors qu’est-ce que ça fait de nous ? Qu’est-ce que ça fait de moi ? Un salaud ? Un pervers ?"
Je porte sa main à mes lèvres et je l’embrasse, puis je me tais un instant, laissant le silence s’installer entre nous. Quand je parle enfin, ma voix est basse, presque un murmure, comme si chaque mot devait être pesé avec soin.
"Ce qui te hante, mon amour, c’est pas l’acte en lui-même. C’est ce qu’il représente. Karim, c’est ton frère. Ton jumeau. Et ça, ça soulève des questions que tu n’aurais jamais cru avoir à te poser. Est-ce que cette attirance, cette absence de répulsion, fait de toi quelqu’un de monstrueux ? Ou est-ce que c’est juste la preuve que l’amour, le désir, ne choisissent pas toujours les chemins les plus simples ?"
Je marque une pause, observant son visage, comme si je pouvais y lire ses pensées les plus profondes.
"Tu te demandes si tu aurais pu aller plus loin. Et la réponse, tu la connais déjà. Oui, tu aurais pu. Parce que si tu te poses la question, c’est que quelque part, tu l’as déjà fait. Pas physiquement, peut-être, mais dans ton esprit. Et c’est ça qui te dérange. Parce que ça veut dire que tu as déjà franchi cette ligne, ne serait-ce qu’en pensée. Et ça, Smaïn, c’est un truc que tu ne peux pas ignorer. Parce que si tu l’as franchie une fois, même en imagination, alors elle n’existe plus, en fait. Et ça, ce doit être terrifiant pour toi."
Je serre sa main plus fort, comme pour lui rappeler que je suis là, avec lui, dans ce questionnement.
"Alors oui, ça te terrifie. Parce que ça te force à te demander : Est-ce que je suis capable de vivre avec cette vérité ? Est-ce que je suis capable de me regarder dans les yeux en sachant que j’ai désiré ce qui est interdit ? Et surtout ...

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Mots-clés : Pur fantasme, Jeunes, Européen(s), Maghrebin(s)