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Rémi sans famille.

Publié par : lilian31 le 07/03/2026
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D'avance pardon pour la longueur de l'histoire qui va suivre.
J'ai essayé de la réduire au maximum, mais plus court, ça aurait été vraiment nul.




Plein le cul du lycée et des cours. C'est décidé! Avec ou sans le bac, je cherche du boulot!
Je demande d'abord à ma mère, mais à part dans les cuisines et l'administration, il faut avoir fait un tant soit peu médecine pour travailler dans un hôpital. Du côté de mon père il n'y a pas de place de libre même pour les vacances. Il y aura du boulot dans la boîte de mon oncle, mais seulement dans un peu plus d'un an, après le départ à la retraite de 3 collègues.
- en attendant, tu n'as qu'à d'avancer l'appel, comme ça tu seras libéré du service militaire. C'est préférable de toutes façons!
Les démarches accomplies, je me retrouve devant l'agent recruteur.
- tu as des choix?
- ouais! Balma ou Francazal!
- un 3 ème?
- n'importe où pas loin de Toulouse!
- tu recevras ta lettre d'incorporation dans une dizaine de jours!
Quelle bonne nouvelle en déchirant l'enveloppe: Melun ?????
- c'est en France, çà ????
- pas trop loin de Paris! C'est super, non?
- super???

Ce n'est pas que je suis timide, mais arriver dans un bled que je ne connais ni des dents ni des lèvres, pardon, n'importe d'Adam ni d'Eve, ne me mets pas à l'aise! Heureusement que je suis avec 40 ou 50 autres gars dans le même cas.
- l'armée est votre seule famille! Vous n'êtes pas des camarades mais des frères d'armes! Si ton frère tombe, tu ne l'abandonne pas! Même si tu le hais! Parce qu'un jour c'est peut-être lui qui te sortira de la merde! Etc, etc...
Et la joie de sauter en plein sommeil en entendant un connard qui joue du clairon à 6 heures du mat, devoir faire son lit au carré et s'habiller pour être au garde-à-vous en 5 minutes. Les gentils kilomètres en footing avant même le p'tit dej 4 * ou la douche.
Le premier week-end, à part le clairon, c'est plus cool. Avec le bonheur de devoir faire des pompes à poil au milieu de la chambrée.
- 50, c'est pas la mort!?!?
A peine! Si encore le mec ne se trompait pas et était obligé de repartir de zéro!
Le bizutage passé, je fais maintenant partie de la fratrie.
On est dans la même chambrée mais on a tous été incorporés à des dates différentes. Moi qui pensais qu'on serait au moins de la même classe si on est pas du même coin de la France. Je me rappelle surtout de Franck, le guitariste qui régalait toute la caserne. Et qui chantait juste, en plus. De Honoré ( ou Mamadou pour les intimes ) le grand black au rire contagieux déferlant comme des pierres dans un torrent en crue. Et Rémi. Le mec étrange qui préférait rester à l'écart la plupart du temps. Épais comme un sandwich SNCF et tellement grand qu'on pourrait le cacher dans une poche de pantalon. Chacun d'eux a son charme. Mais ce Rémi a un je ne sais quoi en plus.
Pendant les classes, on essaie de ne pas trop nous dégoûter de l'armée. On nous accorde des moments de répit avant l'adaptation.
Quelle fut ma surprise en voyant le chétif s'approcher du groupe, une fois n'est pas coutume, en entendant Franck jouer et chanter une chanson. A propos de mon père.
Il s'assied à terre à un mètre de moi pour mieux l'écouter. Le regard greffé sur les lèvres du chanteur d'où sortent des paroles tristes. Une tristesse plus forte se lisait dans les yeux du nouveau fan.
La guitare posée pour un peu de repos, il ose ouvrir la bouche. Pas avec sa voix habituelle.
- c'est de qui?
- Johnny? Tu connaissais pas?
- première fois que je l'entends!
C'est la première fois je le vois parmi nous aussi longtemps et de son plein gré. Et à bien l'observer, il ferait bien mon 4 heures s'il avait un peu plus de chairs.
Un autre soir, il prend le devant en demandant qu'il lui joue un morceau de Joan Baez, un titre en anglais qu'il a mal prononcé.
- tu connais l'air pour voir?
Il entonne timidement le début.
- ah, ouais! Donna donna!
Je connaissais la version de Claude François. Encore une chanson mélancolique.
Pendant 1 jour complet on apprend à lire et nous repérer sur une carte d'état-major. Le lendemain aprem, on nous amène dans 5 ou 6 camion en forêt. Après le repas du soir, on nous refait monter dans les camions. Pour voir si on a bien appris à lire une carte. Chacun la sienne, avec une boussole, une lampe, un sac de couchage, 2 rations pour le matin et midi, et notre courage. Et tout le monde au camp dans 24 heures maximum. Chaque heure de retard équivaut à un jour de trou! J'entends les autres camions prendre des directions différentes. Au bout de plusieurs kilomètres et un peu plus de virages dans tous les sens, on nous éjecte un par un, seul. Je me retrouve seul dans la forêt, de nuit avec mon barda. Je me doute bien que le camion qui s'éloigne ne prend pas la direction du camp. Celui-ci est représenté par une tente sur la carte. A la lumière de ma lampe, j'essaie de voir où je me situe. Aucun repère. Allez, j'y vais. Toutes les sources mènent au ruisseau, le ruisseau à la rivière, la rivière au fleuve, le fleuve à la mer. Et il y a une rivière pas loin du camp. Et les s sources ne remontent pas les collines. Je me laisse entraîner par la pesanteur, je finirai par trouver un cours d'eau. Après sûrement 1 heure de chutes et de dérapages, j'en ai plein le cul. Si je veux arriver entier, il vaut mieux attendre qu'on y voit plus clair. Je n'ai pas encore ouvert mon sac de couchage que j'entends un long cri. Mélange de rage et de douleur. J'appelle mais pas de réponse. 5 ou 10 minutes après, toujours debout à essayer de voir d'où venait le cri,j'entends sangloter, pas très loin.
- papa, c'est aujourd'hui que j'ai besoin de toi! Reviens papa! Reviens!
- y'a quelqu'un?
- oh putain, oui!
- t'es où? Je te vois pas!
- j'arrive!
A 2 on s'en sortira plus facilement. Je finis par voir une petite silhouette, dans la pénombre, qui cherche son chemin.
- je suis là, continue!
- Rémi?
- qui c'est?
- Lilian!
Et il se remet à sangloter. Il a dû complètement se perdre, il est descendu bien avant moi, et il devrait être loin.
- qu'est-ce que t'as fait de ton barda!
- je l'ai jeté, il me gênait pour avancer!
- et tu vas dormir comment, maintenant?
- je cherchais à m'abriter sous un arbre!
- sur l'herbe humide, et tes vêtements plein de boue?
- comment faire autrement?
Je ne suis pas une armoire à glace, et lui, est taillé dans une allumette.
- on se sert de nos vêtements comme coussin et on dort à 2 dans mon couchage!
- ça te dérange pas?
- t'es con ou quoi?????.... T'as oublié ce qu'on nous a dit sur la fraternité et l'entraide? Bien que j'espère que tu n'aies pas à me rendre la pareille!
Le dernier mec avec qui j'ai passé la nuit dans la même couche, c'est mon camarade de pensionnat. Mais cette fois, j'ai intérêt à me tenir à carreaux. On n'aime pas les pédales dans l'armée. Et celui-ci, si je le pénètre, je suis sûr que je le rends comme une bûche pour la cheminée! Si on a gardé nos tee-shirt, on n'est qu'en caleçon. Et nos cuisses se touchent un peu trop. Il faut penser à autre chose, vite.
- tu peux dire ce que tu veux, mais je suis sûr que tu m'as sauvé la vie!
- t'aurais gueulé un peu plus fort et plus longtemps, peut-être que ton père aurait fini par t'entendre et t'aurait sauvé!?!?
- .....il est mort!
Après avoir poussé un long soupir.
- oh pardon! Pardon Rémi! Je voulais...
- tu pouvais pas savoir! Et puis c'est passé, maintenant! Ça fait déjà 7 ans!
- mais... l'autre fois, dans la cabine téléphonique,...tu parlais à qui?
- mon beau-père! Beau connard, ouais!
J'ai bien envie de comprendre un peu mieux, mais je n'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie. J'ai assez merdé comme çà!
Comme s'il avait lu dans mes pensées.
- mon père et son ami sont partis faire de l'alpinisme vers Chamonix. Une avalanche... Puis un jour ma mère s'est remariée. Au début j'étais content d'avoir un grand frère, mais je me suis rendu compte que c'était 2 cons! Puis j'ai eu une petite sœur, et petit à petit j'étais mis à l'écart! Je me sentais mieux avec les copains qu'à la maison. Alors j'essayais de passer plus de temps avec un copain qu'avec " ma famille ". Et lui aussi m'a pris pour une merde. Alors quand mon beau-père m'a dit de devancer l'appel, je l'ai fait. Ça fera de toi un vrai homme, qu'il disait! Tu parles! Il voulait que je sois loin de lui, c'est tout!
Il garde le silence, je ne sais quoi dire, et il éclate en sanglots.
Je ne trouve rien d'autre à faire qu'à poser sa tête sur mon bras, contre mon épaule, et le serrer contre moi.
- pleure autant que tu peux! Il faut vider tout çà!
Il ne sentait pas la rose, mais sûrement moi non plus.
On s'endort ainsi.
Je me réveille non pas que j'ai assez dormi, ni par une érection que je craignais, mais par la chaleur de son corps enlacé dans mes bras. J'essaie de dégager le bras endolori qui lui sert de coussin, et il soulève brusquement sa tête.
- t'es réveillé?
- ça fait combien de temps que t'es réveillé?
- 10, 15 minutes! Peut-être 20!
Tout ce temps et il n'a pas été gêné que je le tienne de la sorte????
Après quelques heures de marche, on trouve un petit cours d'eau. Si je ne me trompes pas, le camp est à moins de 10 kms à vol d'oiseau. Mais on n'est pas des oiseaux. Il vaut mieux suivre l'eau et mettre plus de temps, que de se planter.
On continue et quand la faim nous prend, on partage mes rations.
- je sais pas comment je pourrais te remercier!
- une peti ...

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