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Voyage en side car au Maroc 74

Publié par : pierre49590 le 05/01/2026
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Elle secoua un peu la tête.
— Bref, tu comprends pourquoi j'ai eu besoin d'un vrai lit ce matin…
Elle se laissa retomber en arrière, toujours nue, le regard rivé au plafond, son corps encore luisant des échos de cette nuit insensée.
— Mais putain, quelle expérience ! Ah je regrette pas ce voyage au Maroc. Et rien à voir avec tous ceux que j’ai connu jusque-là… Et ça, beaucoup grâce à toi, mon chou. Et elle daigna m’octroyer un bisou en signe de reconnaissance.
Elle tourna la tête vers moi, son regard soudain plus doux, plus malicieux.
— Et toi… T'as fait quoi pendant que je m'amusais ?

Je lui racontais alors ma journée avec Peter. Le bonheur pur de cette virée en moto, la poussière de la route qui s'incrustait sur nos peaux, la baignade dans l'oued, le soleil brûlant sur nos corps étendus sur le sable. Je lui parlai de nos rires, de nos provocations, de nos jeux presque enfantins, de ces moments suspendus où la frontière entre l'amitié et autre chose devenait si fine qu'elle en devenait presque imperceptible.
Je lui décrivis nos étreintes anodines, ces contacts qui auraient dû rester insignifiants mais qui, dans mon esprit, résonnaient comme des indices troublants. Mon trouble grandissant, ma main qui s'était aventurée sur son entrejambe, sa main qui avait fait de même, et ce moment d'ivresse où nous avions joué avec une limite invisible, sans jamais la franchiser ouvertement.
Je lui racontai le hammam, Djamila, la sarabande endiablée qu'elle avait orchestrée, et surtout… ce baiser. Ce baiser qu'elle nous avait arraché, mais qui n'avait plus rien d'une contrainte une fois engagée. Ce baiser auquel Peter avait répondu avec autant de ferveur que moi, où ses lèvres avaient trouvé les miennes comme si c'était naturel, évident.
Puis, avec un léger sourire, j'évoquai l'après, le poids du silence, son malaise sous la douche, ses tentatives pour rationaliser, minimiser, me faire comprendre que rien de tout cela ne comptait. Qu'il n’eût rien ressenti, que ça n'était qu'un jeu, une expérience imposée par une femme.
Je terminais mon récit en haussant les épaules, l'air faussement léger, alors que tout cela continuerait de me brûler sous la peau.
Madeleine, qui m'avait écouté avec une attention particulière, ne fit aucun commentaire immédiat. Elle me regardait, m'observait avec cette finesse qui la caractérisait. Puis, dans un souffle léger, un sourire espiègle au coin des lèvres, elle lâcha simplement :
— Tu sais à quoi t'en tenir au moins, mais vous êtes tout de même de drôles de bonhommes, tous les deux…
Je sentis mon ventre se contracter légèrement.
— Pourquoi ? exigeai-je d'un ton que je voulais détaché.
Elle ne répondit pas immédiatement. Elle tira nouvelle taffe sur sa cigarette, puis expulsa lentement la fumée, comme si elle hésitait à aller jusqu'au bout. Puis elle se lança :
— Parce qu'un homme normalement constitué, équilibré sexuellement et bien dans sa peau ne se conduit pas comme ton copain.
Elle me fixait, attendant ma réaction.
— Et ça veut dire quoi, exactement ? répliquai-je, un peu piqué.
Elle haussa un sourcil, un sourire à peine esquissé sur les lèvres, comme si elle trouvait ma question presque touchante de naïveté.
— Je ne parle pas des petits jeux à la con. Du genre "on se touche pour déconner", "on s'embrasse parce qu'une femme l'a demandé"… Ça, à la limite, ce sont juste des conneries d'ados. Des expériences de cour de récré.
Elle marqua une pause, puis reprit d'un ton plus appuyé :
— Mais un homme… Un homme sûr de lui, un homme qui sait ce qu'il veut, ne fait pas ça.
Je me redressai légèrement, un peu sur la défensive.
— Et moi, alors ? demandai-je, une pointe d'agacement dans la voix.
Elle eut un petit rire, sans joie, presque triste.
— Toi… Toi, c'est encore autre chose. Plus compliqué. Beaucoup plus compliqué !
Elle écrasa sa cigarette dans le cendrier, marqua une pause, puis, en me regardant droit dans les yeux, elle lâcha avec une once de pitié :
— Tu souffres.
Ses mots tombèrent dans l'air comme une pierre dans un puits profond.
Je tressaillis, mais tentai de garder mon sang-froid.
— N'importe quoi.
Elle sourit légèrement, mais sans amusement.
— Bien sûr que si. Tu souffres en dérivant d'un sexe à l'autre, incapable de te fixer, incapable de savoir ce que tu es vraiment.
Je laissai échapper un rire bref, nerveux.
— Je ne dérive pas.
Elle croisa les bras, haussant un sourcil avec un air de défi.
— Mais bien sûr que si, tu dérives. Et tu le sais très bien.
Un silence s'installera.
— Moi, au moins, je sais ce que je suis.
Je l'observai, intrigué par la force de sa déclaration.
— Je sais ce que je veux.
Elle inspire profondément, puis lâcha d'un ton plus dur :
— Je sais ce que les gens disent de moi, dans mon dos. Je suis une salope, une nymphomane, une mangeuse d'hommes, une obsédée.
Elle haussa les épaules, comme si cela n'avait plus d'importance.
— Peut-être bien.
Elle marque un temps d'arrêt, puis, plus doucement, elle ajouta sentencieusement :
— Mais avec une femme… jamais !
Ses yeux plongèrent dans les miens, comme pour vérifier si j'avais compris l'essence même de ses propos.
— Moi, je ne me cherche pas.
Elle laissa planer un silence avant d'ajouter :
— Toi, en revanche…
J’eus un frisson qui me traversa.
J'étais là, comme un boxeur sonné, incapable de répondre immédiatement. Elle avait touché juste, et elle le savait. Elle avait mis des mots sur ce que je refusais encore d'admettre. Je baissai les yeux, fixant le distraitement le drap froissé sous mes cuisses.
Elle, elle soupira légèrement, comme si elle venait de vider tout ce qu'elle avait à dire. Puis, sans prévenir, elle se pencha et posa un baiser rapide sur mes lèvres.
— Allez, bonne nuit, mon chou.
Elle se tourna sur le côté, m'offrant son dos et ses fesses, et ajouta dans un murmure fatigué :
— Je suis vraiment crevée… Pardonne-moi.
Puis elle s'endormit, me laissant seul avec mes pensées, et cette vérité que je n'étais peut-être pas encore prêt à affronter. Elle avait mis des mots sur ce que je refusais probablement encore d'admettre.

Cette nuit-là fut une nuit délicieuse, d’un vrai sommeil, lourd et profond, sans rêves ni cauchemars. Un sommeil d’abandon total, où rien ne vint troubler le repos que mon corps et mon esprit réclamaient depuis si longtemps. Le réveil fut tout aussi délicieux.
D’abord, une sensation diffuse, agréable, comme une caresse au bord du songe, entre la réalité et le plaisir encore embrumé du sommeil. Puis, lentement, une chaleur, un frisson, une onde de volupté remontant le long de ma colonne vertébrale.
J’ouvris les yeux.
La chevelure de Madeleine s’étalait sur mon ventre, soyeuse, désordonnée, mêlée aux draps. Et ses lèvres… Ses lèvres s’occupaient agréablement de ma queue, avec cette expertise naturelle qui était la sienne.
Je laissai échapper un soupir, mi-plaisir, mi-étonnement.
Elle ne bougea pas immédiatement, poursuivant son œuvre avec la même douceur paresseuse, comme si elle savourait autant le moment que moi. Puis, relevant légèrement la tête, elle croisa mon regard, un sourire mutin au coin des lèvres.
— Tu es réveillé, mon chou ? murmura-t-elle, faussement innocente.
Comme si j’aurais pu rester endormi…
— Je me suis réveillée il y a à peine quelques minutes, murmura-t-elle en se léchant furtivement les lèvres. Et comme j’ai constaté ton matin triomphant, je me suis mise à l ...

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Mots-clés : Histoire 100% vécue, Bisexuel