Les parents de Smaïn devant emmener les jeunes frères et sœurs à la fête des écoles, et Karim devant partir à son entraînement de foot, nous avions décidé de nous accorder une grasse matinée dans l’appartement des HLM de Vaulx-en-Velin, le lendemain. Pas de réveil, pas de bruit dans les escaliers, juste le calme des murs épais, les rideaux tirés pour garder l’obscurité et la fraîcheur. Une parenthèse où le temps semblait suspendu, rien qu’à nous, pour prolonger cette nuit qui n’avait pas encore envie de nous lâcher.
Le lendemain matin, bien avant que nous ayons ouvert un œil, une odeur de café, de thé et de pain grillé nous tire du sommeil. Karim se tient au pied du lit, un plateau fumant entre les mains. Sortant visiblement de la douche, ses cheveux noirs et bouclés dégoulinent encore, tandis qu’une serviette blanche, nouée bas sur ses hanches, laisse deviner ses abdominaux marqués et la ligne de poils noirs qui descend vers son nombril. Son sourire malicieux éclaire son visage aux pommettes hautes, et il lance, amusé :
"Réveil, les amoureux ! Je vous propose un ptit déjeuner pris en amoureux… directement au lit et à trois."
Tandis que je m’attarde, fasciné, sur les courbes de son torse luisant, Smaïn, toujours ronchon, se redresse en grognant, les cheveux en bataille :
"En amoureux à trois ? T’es sérieux ? Et ton entraînement de foot, alors ? Tu nous as pas dit hier soir que t’y allais pas ?"
Je ne peux m’empêcher de sourire, touché par cette attention inattendue.
"C’est très gentil de ta part, Karim. Vraiment."
Smaïn, toujours méfiant, le fixe avec un regard en coin :
"Ou alors c’est pour un autre type d’entraînement que t’as fait ça ? Parce que t’as pas l’air du genre à rater un match pour nous faire des toasts."
Karim éclate de rire, sans se démonter, et pose le plateau sur le lit avec une désinvolture qui lui est propre.
"Oh, arrête ton cinéma. On a bien passé un moment à trois hier soir, non ? Alors un petit déj’ à trois, c’est juste la suite logique."
Smaïn décide de couper court et lance avec un mélange de gratitude et de suspicion :
"Bref, on s’en fout. Merci quand même, c’est vrai t’es gentil. Enfin, gentil… Encore faut-il savoir ce que tu as derrière ta tête de tordu. Mais moi, j’ai une faim de loup."
Sans attendre, nous nous asseyons côte à côte et attaquons le plateau avec enthousiasme. Karim, ne pouvant se glisser à nos côtés, opte pour une position à la romaine, en face de nous, les jambes croisées avec une aisance décontractée. Nous nous jetons sur ce délicieux petit déjeuner : les tartines croustillantes, le beurre fondant, la confiture sucrée, le café corsé et le thé parfumé. Chaque bouchée est un plaisir, chaque gorgée un réconfort, et l’ambiance, malgré les sous-entendus, devient presque conviviale.
Bien sûr, impossible de ne pas jeter des regards vers Karim, allongé en face de nous dans une position à la romaine, appuyé sur un coude. Il en joue, d’ailleurs, et adopte une posture à la fois détendue et profondément virile : le buste légèrement soulevé, une jambe fléchie, l’autre tendue avec négligence. La serviette, à peine maintenue sur ses hanches, glisse si bas que son pubis est presque entièrement apparent, et l’échancrure laisse deviner la courbe de son sexe, presque jusqu’au gland. Il sourit, amusé par notre trouble, tout en conservant cette assurance naturelle qui le rend si captivant.
Smaïn, toujours aussi ronchon, lance avec un mélange d’exaspération et d’amusement :
"Ferme ta serviette, mon frère, on va bientôt voir tout ton zob si ça continue !"
Sans la moindre gêne, Karim écarte la serviette d’un geste théâtral, révélant son sexe dans toute sa splendeur, et rétorque avec un sourire narquois :
"Et alors ? Vous l’avez bien vu hier soir, mon zob. Et même que Pierre l’a visiblement apprécié, je crois !"
Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire, amusé par son audace, et décide de lui rendre la monnaie de sa pièce avec autant de culot :
"Ah ça, pour l’avoir vu, je l’ai vu… et de près !"
Cette réplique semble enfin détendre Smaïn, qui esquisse un sourire malgré lui. Karim, ravi de cette réaction, éclate d’un rire franc, son corps secoué par l’hilarité, la serviette désormais abandonnée à côté de lui. L’atmosphère, d’un coup, devient plus légère, comme si cette provocation avait brisé la dernière tension entre nous. Les sourcils levés mais un sourire en coin, lance avec une pointe de résignation amusée :
"Tu as décidé de bouffer à poil, mon frère ?"
Sans se départir de son calme, son jumeau hausse les épaules avec une désinvolture déconcertante :
"Et pourquoi pas ? On est plus à l’aise comme ça. Vous êtes même pas cap’..."
Un silence s’installe, chargé de défi. Je sens le regard de Smaïn glisser vers moi, comme pour évaluer ma réaction. Sans hésiter, je pose ma tartine et me redresse, un sourcil levé.
"Cap’ de quoi, exactement ?" je demande, amusé par cette escalade.
Karim, les yeux pétillants de malice, se penche légèrement en avant, son corps nu offert à la lumière matinale.
"Cap’ de faire pareil. À moins que vous ayez peur de montrer un peu de peau, vous deux ?"
Smaïn éclate de rire, secouant la tête.
"T’es sérieux ? Tu veux qu’on se mette à poil pour manger des tartines ?"
"Pourquoi pas ?" insiste Karim, un sourire triomphant aux lèvres. "C’est naturel, non ? Et puis, avouez que ça rend le petit déj’ plus… marrant."
Je ris à mon tour.
"Bon, d’accord. Mais si on le fait, c’est parce qu’on en a envie, pas parce que t’as gagné."
D’un geste théâtral, je tire le drap et découvre, aux yeux ébahis de Karim, nos deux sexes au repos.
Karim, les yeux brillants d’une lueur rêveuse, s’exclame soudain :
"Putain, vous avez dormi ensemble comme ça, tous les deux ? Merde… Ça doit être génial !"
Smaïn, un sourire en coin, renchérit avec un hochement de tête :
"Très agréable."
Je complète, avec un clin d’œil malicieux :
"Très sensuel, en plus !"
À ces mots, Karim explose littéralement de rire, se tenant les côtes, les larmes aux yeux. Smaïn, surpris, lui demande ce qui lui arrive. Entre deux éclats de rire, Karim parvient à articuler :
"Mon frère ! T’imagines toute la famille débarquant et nous découvrant en train de prendre le petit déjeuner à poil comme des Suédois ? Oh putain, c’est trop drôle ! J’imagine leurs têtes !"
Et nous partons, nous aussi, dans un franc sourire, contagieux, comme si cette image absurde mais hilarante avait scellé notre complicité matinale.
Toujours hilare, il essuie une larme au coin de l’œil avant de reprendre son souffle, les yeux brillants de malice.
"Bon, allez, on reste comme ça, alors. Après tout, pourquoi gâcher un si bon moment ?"
Smaïn, toujours un peu ronchon mais visiblement amusé, croise les bras et s’adosse contre la tête de lit, complètement à l’aise dans sa nudité.
"T’as raison. Si on doit finir en légende familiale, autant assumer jusqu’au bout."
Je m’allonge à mon tour, les mains derrière la tête, un sourire aux lèvres.
"Et puis, avouons-le, c’est plutôt agréable de prendre son petit déjeuner sans contraintes. Comme une sorte de… liberté matinale."
Karim s’assied en tailleur face à nous, la serviette oubliée à côté de lui.
"Exactement ! Une liberté totale. Et puis, si jamais la famille débarque, on leur dira qu’on est en train de vivre une expérience nordique. Les Suédois font ça tout le temps, non ?"
Smaïn éclate de rire, et l’atmosphère devient encore plus légère, comme si cette nudité partagée avait brisé les dernières barrières entre nous. Karim attrape une tartine et la tend vers moi, un sourcil levé.
"Alors, on continue comme ça ? À poil, sans complexe, et avec un petit déjeuner qui n’en finit pas ?"
Je hoche la tête, amusé, tandis que Smaïn attrape une tasse de café, l’air détendu.
"Pourquoi pas ? Après tout, c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de vivre un moment aussi… authentique."
Karim, toujours hilare, se calme enfin et nous re ...
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